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    Les Amérindiens de la Nouvelle-Écosse font partie du peuple Mi'kmaq. Aux XVIe et XVIIe siècles, à l'époque de l'arrivée des Européens, ils habitaient la région qui comprend aujourd'hui les provinces Maritimes et la Gaspésie. Plus tard ils se sont établis également en Nouvelle-Angleterre et à Terre-Neuve. Les Mi'kmaq eux s'appelaient L'nu'k, «le peuple». Le mot Mi'kmaq vient de leur mot nikmak, «mes amis-parents».

     

    L'habitation

    Le mot «wigwam» vient de wikuom, mot mi'kmaq pour «habitation». D'ordinaire c'était les femmes qui construisaient le wigwam, presque toujours dans une journée. La base ou charpente de la construction consistait en cinq perches d'épinette attachées au sommet avec des racines d'épinette et étalées à la base. On plaçait un cerceau de bois d'alisier juste au-dessous du sommet pour renforcer ces perches et on y attachait d'autres plus courtes pour mieux soutenir le poids de l'écorce de bouleau. Ensuite, partant du bas, on posait sur la charpente des bandes d'écorce, mesurant à peu près 0,5 m par 1,5 m, les superposant comme des bardeaux. Finalement on plaçait dessus d'autres perches pour retenir l'écorce en place. Le sommet du wigwam restait ouvert pour permettre la fumée du foyer de s'échapper et, s'il faisait mauvais temps, on le couvrait d'un collet d'écorce. À l'intérieur le wigwam était tapissé de brindilles de sapin, de nattes tissées et de fourrures, et une grande peau servait de porte. L'extérieur du wigwam était décoré de dessins d'animaux et d'oiseaux. Les plus grands wigwams pouvaient accommoder de douze à quinze personnes; si la famille était plus nombreuse on construisait un wigwam plus long avec deux foyers.

    Le mot tipi, qui vient d'une autre langue amérindienne et qui signifie plutôt une tente couverte de peaux d'animaux, n'a jamais fait partie du vocabulaire des Mi'kmaq. L'écorce de bouleau servait admirablement de couvert car c'était une matière à la fois étanche et portative. Lorsque la famille se déplaçait elle portait avec elle les bandes d'écorce.

     

    Le costume

    Les vêtements des Mi'kmaq était faits de peaux de mammifères, d'oiseaux et de poissons. Ces peaux, fumées, tannées à l'aide de cervelles d'animaux et de foies et graisses d'oiseaux, étirées et bien travaillées, produisaient des fourrures et des peaux splendides que l'on pouvait ensuite coudre facilement. Des poinçons en os servaient à percer les peaux; le fil était de fins filaments de tendons animaux.

    Au XVIIe siècle, et sans doute plus tôt, les vêtements masculins comportaient une ample robe de fourrure ou de peau portée en couverture sur les épaules, ouverte devant et tombant sur les genoux. Des jambières en peau d'orignal, de caribou ou de peau de phoque étaient attachées à la hanche à une gaine de cuir à laquelle était aussi attaché un pagne de peau très souple. L'ensemble était complété de mocassins en peau d'orignal ou de phoque, une blague à tabac et d'accessoires divers.

    Les femmes portaient des robes semblables portées drapées sous les bras comme un drap de bain. Des lanières de cuir sur les épaules faisaient office de bretelles. Ces robes étaient serrées à la taille et tombaient sous les genoux. Hommes et femmes portaient souvent une paire de «manches» en fourrure ou en cuir, ressemblant à deux moitiés d'un boléro coupé au milieu, les deux moitiés attachées ensembles au milieu du dos et du devant. Les femmes portaient également des jambières et des mocassins ainsi qu'une blague à tabac. Leurs bébés étaient emmaillotés dans les peaux les plus douces, renard, duvet de cygne et d'oie, tandis que les enfants portaient des costumes adultes en version réduite.

    Leurs vêtements étaient décorés de motifs géométriques et de silhouettes d'oiseaux, de bêtes, et d'hommes. La peinture était faite à base d'ocres rouges et jaunes, de charbon de bois ou de coquillages broyés mélangés avec des œufs de poissons ou des jaunes d'œufs d'oiseau. Pour se peindre le corps les Mi'kmaq mélangeaient les colorants avec des graisses animales. Des dents et griffes d'animaux, des os travaillés et des piquants de porc-épic étaient cousus sur les vêtements. Parfois des plumes étaient utilisées en décoration: un homme, par exemple, pouvait porter une aile d'oiseau de chaque côté de la tête. Des racines, de l'écorce, des feuilles et des fleurs fournissaient les teintures pour les piquants.

    Après l'arrivée des Européens les Mi'kmaq ont troqué des fourrures et de la viande contre des étoffes, des rubans et des perles. Les femmes ont réussi à décorer les étoffes de piquants et de poils d'orignal et à incorporer les rubans et les perles dans des motifs traditionnels comme la double courbe, qui jusqu'alors avait apparut peinte sur cuir.
    Dès le XIXe siècle le costume de la femme Mi'kmaq comportait une jupe de laine et un chapeau pointu perlé, et celui de l'homme un pardessus modelé sur l'uniforme militaire européen de l'époque.

     

    Les outils et appareils

    Avant l'arrivée des Européens les Mi'kmaq avaient perfectionné des techniques pour fabriquer tout ce dont ils avaient besoin. Ils utilisaient toutes les parties des animaux et des oiseaux qu'ils abattaient, leurs os, défenses, dents, griffes, plumes, poils, piquants, fourrure et peau. L'argile, le cuivre à l'état natif et la pierre servaient, à leur tour, à couper des arbres (dont ils utilisaient aussi les racines et l'écorce) et à tailler le bois; un dent de castor produisait un taillage plus fin. Certaines pierres extrêmement dures, comme la calcédoine, leur donnaient des pointes de lance et de flèche pour la chasse et couteaux et grattoirs pour le dépeçage du gibier. (Si l'on frappe la calcédoine d'une façon particulière elle se divise en des lamelles aiguës comme un rasoir, à tranchant très durable.) Ils façonnaient des harpons en os pour la chasse à l'esturgeon et au marsouin, et des pointes en os pour les fouines à prendre des poissons et des anguilles. Les poinçons, les outils à peindre et les aiguilles à coudre étaient également en os. Le cuivre servait parfois à en faire des aiguilles et des hameçons. D'habitude c'était les hommes qui fabriquaient ces outils. Ils façonnaient également des portes-bébés, des toboggans et des armatures de raquettes ainsi que des pipes en pierre, en os, en écorce, en bois et même en pince de homard.

    En plus de la confection des vêtements les femmes Mi'kmaq tissaient des paniers, des sacs et des nattes en joncs, en écorce de cèdre et de tilleul, en foin d'odeur et en chanvre. La diversité du tissage et la variété des couleurs ont frappé les premiers colons. Il se peut qu'elles façonnaient aussi des paniers avec de longues pousses d'arbres ou de tiges de plantes parce que les Mi'kmaq utilisaient des nasses semblables pour prendre des poissons. Ils enfonçaient des perches dans le fond d'une rivière, y entrelaçaient des branches pour barrer le cours d'eau, et obligeaient les poissons ou les anguilles à entrer dans le piège.

    Au cours du XVIIe siècle les femmes Mi'kmaq ont commencé à fabriquer des objets d'artisanat pour le marché européen dont des exemples de l'ouvrage distinctif des Mi'kmaq, où des centaines de piquants de porc-épic teints en des couleurs vives forment des mosaïques sur de l'écorce. L'on insère les deux bouts du piquant dans des trous percés dans l'écorce mouillée, qui se contracte autour des extrémités, maintenant le piquant fermement en place. L'écorce décorée servait ensuite à la fabrication de boîtes, de panneaux pour meubles et d'autres objets du goût européen. Elles fabriquaient aussi des paniers de diverses sortes dont la plupart étaient en éclisses de bois colorées de façon à les rendre aussi jolis que ne l'étaient les vieux paniers de jonc. Ces paniers jouirent d'une vogue énorme chez les Européens. Elles vendaient en outre des ouvrages perlés et en appliqué des couvre-théières, des bourses et des gilets pour homme dont on peut voir aujourd'hui de magnifiques exemples dans certains musées.

     

    Le transport

    Le fond du canoë mi'kmaq était plus large que d'ordinaire et avait une courbe au centre du plat-bord et aux deux extrémités. Cette forme distinctive permettait aux Mi'kmaq de naviguer au large de la côte, dans des cours d'eau peu profonds et même dans des rapides. Le canoë était construit d'écorce de bouleau étendue sur une légère ossature de bois. La longueur variait de 3 m à 8 m. Un petit canoë pouvait tenir un chargement de centaines de kilos et pourtant était si léger qu'une personne était capable de la porter.

    La raquette est une invention amérindienne. La forme et le tissage variaient selon la consistance de la neige. Les Mi'kmaq construisaient aussi des traîneaux pour tirer des poids lourds sur la neige; ce traîneau s'appelait un toboggan.

     

    La nourriture

    Les Mi'kmaq passaient toute l'année sur la côte, à part de quelques six semaines, jouissant de la nourriture abondante de la région. Cette nourriture consistait de toutes sortes de poissons, dont le saumon et l'esturgeon, de marsouins, de baleines, de morses, de phoques, de homards et d'autres crustacés, de calmars, d'anguilles et d'oiseaux de mer et leurs œufs. Ils chassaient aussi l'orignal, le caribou, le castor, le porc-épic et des animaux plus petits, comme l'écureuil. En été, ils mangeaient des baies, des racines et des plantes comestibles. Ils séchaient et fumaient les viandes et les poissons pour les conserver.


    Les loisirs

    Les Mi'kmaq s'amusaient à se raconter des contes et histoires. Souvent les récits continuaient pendant plusieurs jours entremêlés de chansons, de danses et de festoiements. Tout le monde fumait. Leur tabac était un mélange d'écorce de saule, de feuilles du raisin d'ours et d'un tabac sauvage de la région. Ils aimaient beaucoup les jeux de hasard dont un, le jeu de dés waltes, est encore populaire aujourd'hui, et ils s'adonnaient également aux concours de courses à pied, de luttes et de tir et à des jeux à la balle.


    La langue

    La langue des Mi'kmaq appartient à la famille linguistique de l'algonquien. Elle est riche et descriptive. Le mot pour le mois de mai, par exemple, Tquoljewiku's, signifie «lune de la grenouille qui croasse», et le mois de février, Apiknajit, «la neige aveuglante». Quelques noms de lieux d'origine mi'kmaq existent encore dans la région dont Shubenacadie, Whycocomagh, Malagash, Pugwash, Merigomish, Musquodoboit. Un certain nombre de Mi'kmaq parlent toujours la langue.






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  • Image: Denton Lund




    Le loup, ou je devrais dire plutôt "la louve" que vous rencontrerez souvent au hasard de ces pages, est mon animal fétiche. Celui  duquel j'aimerais posséder les qualités. Je l'admire pour sa force, son courage, mais surtout pour sa fidélité et sa loyauté absolues, en amour comme en amitié. Si le lion est le roi des animaux alors le loup, lui, en est le Chevalier, du moins il en a le coeur.

    Laissez-moi vous parler un peu de lui...

     

    Le loup


                       
    La meute est une structure sociale parfaitement élaborée.  Le nombre d'individus qui la composent oscille entre la douzaine et la trentaine. Fortement hiérarchisée, ses assises sont le couple mâle-femelle dominants.
     
    Chaque loup est doté d'une forte personnalité et, au sein de la horde, ses qualités, voire ses défauts, sont habilement utilisés au bénéfice de tous les membres.
      
    C'est le loup dominant qui choisit toujours le territoire où s'établira le clan. C'est lui qui prend l'initiative des actes rituels et, éventuellement des changements apportés. Veillant à la sécurité et au bien-être de tous les individus, il assume seul le maintien de l'ordre et veille à la cohésion du groupe. Responsable, il dispose toujours des sentinelles sur les lieux de séjour. Malgré le degré élevé du respect de la hiérarchie qui règne dans la société des loups les louveteaux, tout au moins durant les premiers mois de leur existence, jouissent de tous les droits et font ce que bon leur semble. On retrouve cette caractéristique aussi chez les amérindiens chez qui les enfants au début de leur vie ont totale et entière liberté.
     
    Mais les loups adultes ont bien d'autres corvées à exécuter que celle d'aller monter la garde. Il leur faut aussi assurer la protection et l'éducation des turbulents louveteaux. Ils remplissent cette tâche avec zèle et, pourquoi ne pas le dire, avec dévouement et amour.
     
    Hors des meutes, on trouve des loups solitaires, parfois vraiment isolés, parfois suivant le clan à un ou deux kilomètres. Le loup étant un animal social, on pourrait s'étonner à priori de ce comportement. En réalité, même s'il choisit l'isolement ou s'y voit contraint, le loup reste en contact avec ses semblables, grâce à certains moyens de communication. Il fait toujours connaître sa présence aux autres loups par son odeur et par ses hurlements. La conclusion est qu'il n'y a pas vraiment de loup tout à fait solitaire, même si l'on rencontre des loups seuls.
     
    Il arrive aussi que des loups soient exclus du clan. Par nécéssité lorsque la nourriture se fait rare, certains individus seront exclus ou s'excluront eux-même pour assurer la survie des petits. Certaines querelles entre femelles réticentes et mâles trop entreprenants peuvent également être à l'origine de ces exclusions. Enfin il arrive aussi qu'un loup, rendu inconsolable par la mort de sa compagne, s'isole volontairement. Il semblerait que l'exil voulu ou forcé ne se rencontre que chez les individus mâles et que les louves solitaires soient rares.


    Et l'amour... Ah! L'amour!
     
    Le loup et la louve s'élisent pour des raisons qui dépassent de fort loin, les nécessités biologiques de l'espèce. Le loup choisit souvent sa compagne dès sa première année. Parfois c'est une jeune femelle qui jette son dévolu sur un mâle. Alors elle le suit constamment, s'attache à lui, et semble l'aduler surtout s'il est plus âgé qu'elle. Le déclenchement du mécanisme physiologique de la copulation engendre un lien puissant qui soude le couple pour la vie. Il s'agit d'amour vrai et oui, même au fond des bois! Une fois le ménage constitué, le mâle fait preuve de grande tendresse envers sa compagne, élue pour la vie, et à laquelle il démontrera une fidélité absolue. L' attachement entre individus du même sexe a aussi été quelquefois observé, quant à l'inceste, il n'existe pas chez le loup.
     
    Pour défendre sa famille, il est capable de tous les héroïsmes. Exemplaire, le mâle accomplit son devoir paternel en protégeant mère et louveteaux, aidé en cela par les autres loups du clan. Si d'aventure, sa compagne est blessée ou malade, le loup chassera pour elle et léchera ses plaies jusqu'à son rétablissement.
     
    Si un quelconque danger se présente, le mâle s'interposera entre celui-ci et la louve. On ne compte plus, observées en liberté ou en captivité, les preuves d'attachement entre mâles et femelles. On a vu des loups se faire capturer ou tuer et leurs louves se rendre des dizaines de fois à l'endroit de leur disparition, jusqu'à être piégées à leur tour. Les mâles, sont tout aussi éperdus de tristesse lorsque la mort enlève leurs compagnes.
     
    Éminemment sociable, excessivement paternel ou maternel avec ses petits ou d'autres progénitures sans défense, le loup dominant, à l'opposé de l'image que l'homme a voulu donner de lui, est un seigneur au sens médiéval du terme.
     
    Noble dans ses sentiments autant que dans sa conduite, cet animal chevaleresque est pourvu des caractères et des vertus qui font si gravement défaut à bien des humains.





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